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Greenbuild, quelle tendance pour l’édition 2012 ?



ASPF

Anne-Sophie
Perrissin-Fabert

Déléguée Générale
France GBC

L’édition 2012 de Greenbuild, l’un des plus grands évènements mondiaux de la construction durable porté par l’US GBC, s’est déroulé à San Francisco du 12 au 16 novembre. Plus de 30 000 personnes étaient réunies pour des sessions de formation, des conférences, un salon d’exposition. Une quarantaine d’acteurs français, en quête de tendances sur le marché américain, avaient fait le déplacement.

Suite à la réélection de Barack Obama (et sans doute à la tempête Sandy qui a récemment frappé New York…), la réalité du changement climatique est désormais admise et le cap sur une économie verte clairement affiché par les différents intervenants, républicains ou démocrates. Le slogan «  green building and good business »  et la notion de « résilience » résument cette nouvelle ambition. Le maire de Newark (New Jersey) a même déclaré que « Le rêve américain doit désormais être un rêve vert ».

 

  Rick Fedrizzi, Président de l’US Green Building Council a répondu  fermement, en plénière d’ouverture, au lobby de l'industrie chimique américaine qui a jusqu'ici refusé catégoriquement de divulguer les substances contenues dans les matériaux de construction. « Notre rôle est de leur demander de prouver ce qu’il avance commercialement ! » Défiant ses adversaires, il a en a appelé au soutien à l’ensemble des participants dans ce combat pour la transparence. Google a apporté à cette occasion un soutien financier de 3 millions de dollars à l'US GBC pour soutenir cette ambition.

 

Au cœur des nombreuses conférences, la présentation de LEED V4 dont la sortie en prévue en 2013. On en retient le souhait de l’US GBC d’inviter les acteurs à plus d’informations, plus de transparence et plus de responsabilité.  Rick Fedrizzi résume ce postulat en s’adressant aux acteurs de la construction en ces termes « Vous prétendez être les meilleurs, alors prouver le ? ».  Dans cette dynamique, l’US GBC a annoncé le suivi de la performance des bâtiments sur 6 indicateurs : énergie, eau, déchet,  « expérience[1]», carbone et transport.

Côté salon, le bruit de fond « ACV » (Analyse de Cycle de Vie) était perceptible. Avec LEED v4 et les positions affichées par l’US GBC, les industriels américains ont compris qu’ils allaient devoir dorénavant s’engager dans cette voie des EPD (Environmental Product Declaration)…

Comment ne pas être séduits par la force de leurs convictions et le professionnalisme de ce show à l’américaine ?

Cette mise en scène ne peut nous faire oublier que ces idées ne sont pas nouvelles pour la France qui les met en œuvre grâce à son savoir-faire que ce soit pour :

  • L’étiquetage sanitaire des produits de construction, le socle sanitaire commun sur la base INIES et de plus en plus la mesure in situ de la qualité de l’air intérieur
  • Les filières vertes et les éco-industries
  • Le projet HQE Performance, basé sur la norme EN 15978, qui permet de réaliser une ACV bâtiment grâce à la base INIES et aux outils d’éco-conception comme le logiciel ELODIE

Il nous reste certainement à mieux le faire savoir et à nous inspirer du formidable enthousiasme de nos confrères américains pour entreprendre avec la même conviction.



[1] C'est-à-dire le retour d’expérience des usagers sur les aspects de la qualité environnementale intérieure (qualité de l’air, confort…)

Déléguée Générale

France GBC